1737-12-31 Maupertuis Pierre Louis Moreau de-Bernoulli Johann I: Unterschied zwischen den Versionen

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|Briefwechsel=Bernoulli, Johann I (1667-1748)
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Vous voyez bien, Monsieur, qu'il n'y a aucune parité entre avoir mené M. votre fils Calviniste, dans un païs, où cette religion est beaucoup plus encor en aversion, que dans les païs Catholiques d'Europe, et où l'entrée est si interdite à tout ce qui n'est pas Espagnol, qu'il ne falloit rien moins que l'amitié qui étoit entre la Cour de France, et celle d'Espagne, pour faire admettre nos Academiciens au Perou. Je parlai moimême pour M. votre fils à M. de Maurepas qui sans doute l'eût agréé, mais qui, dès qu'il eût demandé s'il étoit protestant, rejetta la chose comme impossible, voyez, Monsieur, si cela a quelque parité avec l'association que nous avons faitte de M. Celsius. Avions nous à craindre, que la Cour de Suede trouvât mauvais, que nous introduisissions un Lutherien dans un païs Lutherien qui étoit sa patrie, tandis que c'étoit une grace qu'on nous faisoit, que de nous y souffrir. Voyez, Monsieur, si le reproche et la plaisanterie que vous me faites sur cela, sont fondez.  
 
Vous voyez bien, Monsieur, qu'il n'y a aucune parité entre avoir mené M. votre fils Calviniste, dans un païs, où cette religion est beaucoup plus encor en aversion, que dans les païs Catholiques d'Europe, et où l'entrée est si interdite à tout ce qui n'est pas Espagnol, qu'il ne falloit rien moins que l'amitié qui étoit entre la Cour de France, et celle d'Espagne, pour faire admettre nos Academiciens au Perou. Je parlai moimême pour M. votre fils à M. de Maurepas qui sans doute l'eût agréé, mais qui, dès qu'il eût demandé s'il étoit protestant, rejetta la chose comme impossible, voyez, Monsieur, si cela a quelque parité avec l'association que nous avons faitte de M. Celsius. Avions nous à craindre, que la Cour de Suede trouvât mauvais, que nous introduisissions un Lutherien dans un païs Lutherien qui étoit sa patrie, tandis que c'étoit une grace qu'on nous faisoit, que de nous y souffrir. Voyez, Monsieur, si le reproche et la plaisanterie que vous me faites sur cela, sont fondez.  
  
[[File:file_icon_keinbild.gif|link=]] Le refus que j'ai fait, de proposer à M. Clairaut, un Probleme, auquel j'ai craint qu'il passât un tems, dont il avoit besoin, pour ce qui regarde l'ouvrage, que nous devons donner au Public, n'a pas dû vous surprendre, et il n'y a encor aucune parité entre la proposition que vous lui faisiez de ce Probleme, et celles que je vous ai faites quelque fois, que je ne vous ai jamais faites que pour m'instruire, et pour recevoir de vous des éclaircissemens. La petite plainte que je vous faisois il y a quelques mois des mysteres de M. Clairaut, subsiste, mais cela est bien éloigné de me brouiller avec un homme que j'aime, et que j'estime. M. Clair. comme bien d'autres, aura peutêtre le defaut de sacrifier quelque fois de petits devoirs d'amitié, à l'envie de passer pour grand Geometre. C'est un panchant, que je blamerai en lui, mais qui ne m'empechera pas d'ailleurs, de lui rendre justice, parceque de petits defauts ne détruiront jamais chez moi un grand merite. Cependant je ne regarderai jamais M. Clair. comme mon ''oracle'', pour me servir de votre terme, et comme le mot grec qui est dans vôtre lettre. A dieu ne plaise, Monsieur, que je vous croye capable de jalousie, moi qui ne crois pas qu'il y ait personne au monde capable de vous en donner. Je sçais combien vos leçons ont eté utiles à M. Clair. et je connois tout le merite de votre disciple M. Euler. Je n'ai jamais prétendu comparer nation à nation en fait de Geometrie; tant qu'il y aura des Bernoulli, la Suisse aura l'avantage sur les nations les plus nombreuses, et j'ai dit seulement, que M. Clair. faisoit honneur à la nôtre.  
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[[File:file_icon.gif|link=http://www.ub.unibas.ch/digi/bez/bernoullibriefe/jpg/L_Ia_662/BAU_5_000056590_0001.jpg]] Le refus que j'ai fait, de proposer à M. Clairaut, un Probleme, auquel j'ai craint qu'il passât un tems, dont il avoit besoin, pour ce qui regarde l'ouvrage, que nous devons donner au Public, n'a pas dû vous surprendre, et il n'y a encor aucune parité entre la proposition que vous lui faisiez de ce Probleme, et celles que je vous ai faites quelque fois, que je ne vous ai jamais faites que pour m'instruire, et pour recevoir de vous des éclaircissemens. La petite plainte que je vous faisois il y a quelques mois des mysteres de M. Clairaut, subsiste, mais cela est bien éloigné de me brouiller avec un homme que j'aime, et que j'estime. M. Clair. comme bien d'autres, aura peutêtre le defaut de sacrifier quelque fois de petits devoirs d'amitié, à l'envie de passer pour grand Geometre. C'est un panchant, que je blamerai en lui, mais qui ne m'empechera pas d'ailleurs, de lui rendre justice, parceque de petits defauts ne détruiront jamais chez moi un grand merite. Cependant je ne regarderai jamais M. Clair. comme mon ''oracle'', pour me servir de votre terme, et comme le mot grec qui est dans vôtre lettre. A dieu ne plaise, Monsieur, que je vous croye capable de jalousie, moi qui ne crois pas qu'il y ait personne au monde capable de vous en donner. Je sçais combien vos leçons ont eté utiles à M. Clair. et je connois tout le merite de votre disciple M. Euler. Je n'ai jamais prétendu comparer nation à nation en fait de Geometrie; tant qu'il y aura des Bernoulli, la Suisse aura l'avantage sur les nations les plus nombreuses, et j'ai dit seulement, que M. Clair. faisoit honneur à la nôtre.  
  
 
Voici maintenant les articles de votre lettre, auxquels vous vous plaignez que je n'ai pas répondu. C'est par oubli et faute d'avoir votre lettre devant moi, que je n'ai point repondu à l'invitation, que vous me faisiez d'aller en Suisse.  
 
Voici maintenant les articles de votre lettre, auxquels vous vous plaignez que je n'ai pas répondu. C'est par oubli et faute d'avoir votre lettre devant moi, que je n'ai point repondu à l'invitation, que vous me faisiez d'aller en Suisse.  
  
2.<sup>do</sup> C'est par la même raison que je n'ai point répondu à ce que vous [[File:file_icon_keinbild.gif|link=]] me mandiez, que vous aviez fait de nouvelles découvertes etc.  
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2.<sup>do</sup> C'est par la même raison que je n'ai point répondu à ce que vous [[File:file_icon.gif|link=http://www.ub.unibas.ch/digi/bez/bernoullibriefe/jpg/L_Ia_662/BAU_5_000056590_0002.jpg]] me mandiez, que vous aviez fait de nouvelles découvertes etc.  
  
 
3.<sup>o</sup> Je vous avois demandé assez ouvertement des Eclaircissemens sur l'affaire des Pendules, pour que vous me les envoyassiez, si vous aviez voulu. Vous m'offrez sur cela de me communiquer votre methode, si je le souhaite; n'étoit ce pas cela que je vous demandois?  
 
3.<sup>o</sup> Je vous avois demandé assez ouvertement des Eclaircissemens sur l'affaire des Pendules, pour que vous me les envoyassiez, si vous aviez voulu. Vous m'offrez sur cela de me communiquer votre methode, si je le souhaite; n'étoit ce pas cela que je vous demandois?  
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De Paris 31 Dec. 1737  
 
De Paris 31 Dec. 1737  
  
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[[File:file_icon.gif|link=http://www.ub.unibas.ch/digi/bez/bernoullibriefe/jpg/L_Ia_662/BAU_5_000056590_0003.jpg]] A Monsieur  
  
 
Monsieur Bernoulli professeur  
 
Monsieur Bernoulli professeur  

Aktuelle Version vom 1. April 2015, 11:05 Uhr


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Kurzinformationen zum Brief       mehr ...
Autor Maupertuis, Pierre Louis Moreau de, 1698-1759
Empfänger Bernoulli, Johann I, 1667-1748
Ort Paris
Datum 1737.12.31
Briefwechsel Bernoulli, Johann I (1667-1748)
Signatur Basel UB, Handschriften. SIGN: L Ia 662, Nr.52*
Fussnote Siegel. Schlussfloskel, Datum und Signatur eigenhändig



Il y a deja quelque tems, Monsieur, que j'ai reçû votre ecrit d'Amiables remontrances; quoique j'y aie trouvé plusieurs choses, qui pourroient me faire de la peine, et qui me jetteroient dans de grandes discussions, si j'entreprenois de les détailler ici, et qui ne seroient point du tout capables de retablir entre nous la bonne intelligence que je souhaitte qui y soit; comme j'ai cru appercevoir dans cet écrit quelques marques d'amitié, j'y ai eté plus sensible qu'à tout le reste, n'ayant jamais rien souhaité plus ardemment, que de trouver un peu d'amitié dans un homme, pour qui j'ai autant d'estime que pour vous.

Je ne vous parlerai donc point ici des justes sujets que j'ai eus de me plaindre de votre premiere lettre,[1] qui quoique sous des tours et des expressions de politesse, contenoit des choses desobligeantes, qui ne m'ont pas échappé, et ne répondrai qu'à peu d'articles des aimables remontrances, qu'à ceux auxquels je peux répondre sans discussion desagréable.

Vous voyez bien, Monsieur, qu'il n'y a aucune parité entre avoir mené M. votre fils Calviniste, dans un païs, où cette religion est beaucoup plus encor en aversion, que dans les païs Catholiques d'Europe, et où l'entrée est si interdite à tout ce qui n'est pas Espagnol, qu'il ne falloit rien moins que l'amitié qui étoit entre la Cour de France, et celle d'Espagne, pour faire admettre nos Academiciens au Perou. Je parlai moimême pour M. votre fils à M. de Maurepas qui sans doute l'eût agréé, mais qui, dès qu'il eût demandé s'il étoit protestant, rejetta la chose comme impossible, voyez, Monsieur, si cela a quelque parité avec l'association que nous avons faitte de M. Celsius. Avions nous à craindre, que la Cour de Suede trouvât mauvais, que nous introduisissions un Lutherien dans un païs Lutherien qui étoit sa patrie, tandis que c'étoit une grace qu'on nous faisoit, que de nous y souffrir. Voyez, Monsieur, si le reproche et la plaisanterie que vous me faites sur cela, sont fondez.

File icon.gif Le refus que j'ai fait, de proposer à M. Clairaut, un Probleme, auquel j'ai craint qu'il passât un tems, dont il avoit besoin, pour ce qui regarde l'ouvrage, que nous devons donner au Public, n'a pas dû vous surprendre, et il n'y a encor aucune parité entre la proposition que vous lui faisiez de ce Probleme, et celles que je vous ai faites quelque fois, que je ne vous ai jamais faites que pour m'instruire, et pour recevoir de vous des éclaircissemens. La petite plainte que je vous faisois il y a quelques mois des mysteres de M. Clairaut, subsiste, mais cela est bien éloigné de me brouiller avec un homme que j'aime, et que j'estime. M. Clair. comme bien d'autres, aura peutêtre le defaut de sacrifier quelque fois de petits devoirs d'amitié, à l'envie de passer pour grand Geometre. C'est un panchant, que je blamerai en lui, mais qui ne m'empechera pas d'ailleurs, de lui rendre justice, parceque de petits defauts ne détruiront jamais chez moi un grand merite. Cependant je ne regarderai jamais M. Clair. comme mon oracle, pour me servir de votre terme, et comme le mot grec qui est dans vôtre lettre. A dieu ne plaise, Monsieur, que je vous croye capable de jalousie, moi qui ne crois pas qu'il y ait personne au monde capable de vous en donner. Je sçais combien vos leçons ont eté utiles à M. Clair. et je connois tout le merite de votre disciple M. Euler. Je n'ai jamais prétendu comparer nation à nation en fait de Geometrie; tant qu'il y aura des Bernoulli, la Suisse aura l'avantage sur les nations les plus nombreuses, et j'ai dit seulement, que M. Clair. faisoit honneur à la nôtre.

Voici maintenant les articles de votre lettre, auxquels vous vous plaignez que je n'ai pas répondu. C'est par oubli et faute d'avoir votre lettre devant moi, que je n'ai point repondu à l'invitation, que vous me faisiez d'aller en Suisse.

2.do C'est par la même raison que je n'ai point répondu à ce que vous File icon.gif me mandiez, que vous aviez fait de nouvelles découvertes etc.

3.o Je vous avois demandé assez ouvertement des Eclaircissemens sur l'affaire des Pendules, pour que vous me les envoyassiez, si vous aviez voulu. Vous m'offrez sur cela de me communiquer votre methode, si je le souhaite; n'étoit ce pas cela que je vous demandois?

4.o Je vous avoue encor, que c'est par oubli, que je ne vous ai pas fait mes remercimens pour la peine que vous aviez prise d'examiner ma formule pour la resistance du Pendule composé des 2 globes, je le fais donc ici.

Je n'avois point eu le tems encor de lire la piece sur la propagation de la lumiere; depuis que je l'ai lüe, je puis dire qu'il n'y a rien de plus ingenieux, ni de plus sçavant.

Voila, Monsieur, tout ce que je peux répondre à vos amiables remontrances. Une réponse plus complette pourroit peut être reveiller les altercations, pour lesquelles j'ai un éloignement infini, ne souhaitant que paix et amitié, surtout de vous, que je considere infiniment. C'est dans ces sentimens que je vais commencer la nouvelle année, que je vous souhaite remplie de bonheur, tant pour vous, que pour Madame Bernoulli, et pour toute votre famille.

J'ay l'honeur d'etre tres parfaittement Monsieur Votre tres humble et tres obeissant serviteur Maupertuis

De Paris 31 Dec. 1737

File icon.gif A Monsieur

Monsieur Bernoulli professeur

de Mathematiques; Des Academies

de France, d'Angleterre etc.

à Huningue


Fussnoten

  1. [Text folgt]


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